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Histoire de la Bourse, de ses origines à aujourd’hui

Bourse d'Amsterdam par Emanuel de Witte

🏛️ 1. Les origines de la Bourse (XVe – XVIIIe siècle)

⚖️ Bruges et Anvers (XVe siècle)

  • Le mot « bourse » vient de la famille Van der Beurze à Bruges (Belgique), dont l’hôtel accueillait les premiers échanges financiers au XVe siècle.

  • On y échangeait des lettres de change, des dettes commerciales et des marchandises.

🕰️ Anvers (XVIe siècle)

  • Première bourse officielle (1531).

  • Lieu d’échange de titres commerciaux et de dettes d’État.

  • Symbole de la montée du capitalisme marchand et du commerce international.


⚓ 2. L’essor du capitalisme (XVIIe – XVIIIe siècle)

🇳🇱 Amsterdam : la première vraie bourse d’actions

  • 1602 : création de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC).
    → Première société à émettre des actions et obligations au public.

  • La Bourse d’Amsterdam devient le premier marché secondaire au monde.

🇬🇧 Londres et Paris

  • Londres : création de la Bank of England (1694) et naissance du London Stock Exchange (1801).

  • Paris : Bourse de Paris créée officiellement en 1724, sous Louis XV.


💹 3. XIXe siècle – Révolution industrielle et mondialisation financière

  • Explosion du nombre de sociétés (chemins de fer, mines, banques).

  • Développement des actions cotées pour financer les grands projets.

  • Crises financières récurrentes (ex. : panique de 1825 à Londres, krach de 1873 à Vienne).

  • La Bourse devient un instrument central du capitalisme moderne.


💣 4. XXe siècle – Crises, régulations et globalisation

1929 : Le krach de Wall Street

  • Spéculation excessive durant les “Roaring Twenties”.

  • Effondrement du marché → Grande Dépression mondiale.

  • Apparition des premières régulations (SEC aux États-Unis en 1934).

Après-guerre (1945–1970)

  • Croissance économique forte.

  • Développement de la Bourse de New York (NYSE) et des bourses européennes.

  • Généralisation de l’investissement institutionnel (fonds de pension, compagnies d’assurance).

Années 1980–2000

  • Dérégulation financière, mondialisation des marchés.

  • Apparition des indices boursiers modernes (S&P 500, CAC 40, DAX…).

  • Explosion de l’informatique et du trading électronique.




🌐 5. XXIe siècle – Numérisation, crises et finance durable

Grandes étapes :

  • 2000 : bulle Internet → effondrement du Nasdaq.

  • 2008 : crise des subprimes → effondrement global, faillite de Lehman Brothers.

  • 2010–2020 : domination des géants technologiques (FAANG).

  • 2020 : pandémie de COVID-19 → volatilité record, explosion du trading en ligne.

  • 2021–2023 : essor de la finance durable (ESG) et des ETF passifs.

  • Aujourd’hui : montée de l’IA, de la blockchain et des marchés privés.


🔮 6. La Bourse aujourd’hui et demain

  • Marchés ultra-connectés, 24h/24.

  • Montée de la gestion passive et de l’IA financière.

  • Croissance de la finance verte et de l’économie décarbonée.

  • Importance croissante des marchés asiatiques.

  • Intégration de cryptomonnaies et de technologies blockchain dans la sphère financière.




📊 En résumé :

PériodeCaractéristique cléExemple marquant
XVe–XVIIeNaissance du commerce de titres VOC (1602)
XVIIIe–XIXeRévolution industrielle Chemins de fer, Bourse de Paris
XXeCrises et régulations Krach 1929, 2008
XXIeNumérisation et durabilité ESG, IA, ETF

Jakob Fugger, l'homme le plus riche de son temps

 


Jacob Fugger par Albrecht Dürer, vers 1519..

Jakob Fugger (1459-1525), surnommé « Jakob Fugger le Riche », est considéré comme l’un des plus grands financiers de la Renaissance. Sa fortune est le résultat d’une combinaison d’innovation bancaire, de monopoles miniers et d’une proximité politique avec les puissants de son époque (notamment les Habsbourg). Voici comment il a bâti son empire :




1️⃣ Origines marchandes

  • Né à Augsbourg dans une famille de drapiers, Jakob Fugger hérite d’une entreprise commerciale déjà prospère dans le textile.

  • Il élargit très vite le commerce familial vers l’Italie (Venise, Milan), apprenant les pratiques financières modernes (lettres de change, comptabilité en partie double).

2️⃣ Banque et crédit aux souverains

  • Fugger se spécialise dans le financement des princes et du pape.

  • Il prête de l’argent contre des concessions minières, des droits de douane ou des revenus fiscaux en garantie.

  • Il devient ainsi le banquier principal des Habsbourg (Maximilien Ier, puis Charles Quint), finançant par exemple l’élection impériale de 1519.

3️⃣ Monopoles sur les mines

  • En échange de ses prêts, il obtient des droits exclusifs d’exploitation sur des mines d’argent, de cuivre et de mercure dans le Tyrol, en Hongrie et en Espagne.

  • Il contrôle une part énorme du commerce européen du cuivre et de l’argent, matières premières cruciales pour la frappe de monnaie.

4️⃣ Contrôle des flux commerciaux

  • Il organise un réseau international d’agents et de comptoirs (Augsbourg, Venise, Anvers, Lisbonne, Séville).

  • Cela lui donne accès aux métaux précieux du Nouveau Monde via l’Espagne et au commerce avec l’Orient.

5️⃣ Innovation et discipline

  • Fugger adopte des pratiques bancaires modernes : tenue de livres centralisée, lettres de crédit, diversification géographique.

  • Il insiste sur des contrats écrits, la discipline financière et la fiabilité du remboursement — une nouveauté par rapport au crédit médiéval plus informel.

6️⃣ Philanthropie stratégique

  • Avec sa fortune, il fonde la Fuggerei à Augsbourg, le plus ancien ensemble de logements sociaux du monde encore en activité.

  • Cela consolide son image et son influence locale.


Le « cœur du moteur » Fugger, ce n’était pas juste de prêter de l’argent comme un banquier classique, mais d’utiliser les prêts comme levier pour obtenir des droits sur des ressources physiques (mines, taxes, monopoles).


1️⃣ Le besoin d’argent des princes

  • Au début du XVIᵉ siècle, les souverains (comme Maximilien Ier ou Charles Quint) dépensent énormément : guerres, administration, campagnes électorales (élection impériale).

  • Les recettes fiscales ne suffisent pas et les impôts sont lents à percevoir → besoin urgent de liquidités.

2️⃣ L’offre Fugger

  • Fugger avance des sommes énormes (parfois plusieurs centaines de milliers de florins) aux princes et rois.

  • Il le fait rapidement et discrètement, là où les États médiévaux n’avaient pas de banque centrale.

3️⃣ Les garanties « en nature »

Plutôt que d’attendre un remboursement incertain en espèces, Fugger exige des contreparties tangibles :

  • Concessions minières : droits exclusifs d’extraction d’argent, cuivre, mercure.

  • Revenus futurs : taxes sur le sel, douanes, revenus ecclésiastiques.

  • Monopoles commerciaux : par exemple sur l’importation d’épices ou de métaux.

Ces concessions lui garantissent des flux réguliers pendant des années, souvent plus rentables que l’intérêt du prêt lui-même.

4️⃣ Intégration verticale

  • Fugger ne se contente pas d’un droit d’extraction ; il contrôle aussi la transformation et la vente :

    • Exploitation des mines (avec des ingénieurs et mineurs sous contrat).

    • Raffinage et transport du métal.

    • Vente sur les marchés européens via ses propres comptoirs.

Ainsi, il transforme une dette princière en monopole industriel intégré.

5️⃣ Influence politique

  • En finançant Charles Quint pour son élection impériale en 1519 (environ 850 000 florins), Fugger obtient en retour la confirmation et l’expansion de ses monopoles.

  • Cela lui permet de verrouiller son avantage compétitif face aux autres banquiers.

6️⃣ Gestion du risque

  • Les créances sur les souverains étaient risquées (banqueroutes fréquentes).

  • Les concessions minières étaient un collatéral productif qui réduisait ce risque : même si le prince ne rembourse pas, le métal sort de la mine et Fugger encaisse.


L'homme le plus riche?

Jacob Fugger est considéré comme l'un des hommes les plus riches de l'histoire, avec une fortune estimée à environ 400 milliards en valeur actuelle. 

Son empire financier gigantesque représentait environ 2 % de la richesse produite en Europe à cette époque. 





 schéma simplifié du système Fugger (flux d’argent et flux de ressources) :


📊 Tableau du mécanisme « prêt ↔ concession »

ÉtapeActeurFlux d’argentFlux de ressources / droitsRésultat pour Fugger
1. Besoin d’argentPrince / Empereur——Cherche un financement rapide
2. Prêt initialFugger → Prince💰 Prêt (ex : 500 000 florins)—Créance sur le souverain
3. ContrepartiePrince → Fugger—Concession minière (argent, cuivre, mercure) ou revenus fiscauxGarantit des flux futurs
4. ExploitationFugger (mines, transport, vente)Investissement en infrastructureMétaux précieux, revenus réguliersMonopole et profits industriels
5. Vente & profitsFugger → Marchés européensMétaux vendus contre espèces—Encaissement supérieur au prêt initial
6. Influence politiqueFugger → PrinceSoutien financier (ex : élection impériale)Confirmation des monopolesPouvoir et sécurité contractuelle

🔄 Schéma des flux (simplifié)

Fugger (Banquier)
│
│💰 Prêt
▼
Prince / Empereur
│
│🔑 Concessions minières / Revenus fiscaux
▼
Fugger (Exploitation mines)
│
│📦 Métaux précieux
▼
Marchés européens (Anvers, Venise…)
│
│💰 Recettes de vente
▼
Fugger (rembourse son prêt + marge énorme)

🔹 Idée clé :
Chaque prêt transformait Fugger en quasi-propriétaire d’un actif réel (mine, taxe, monopole).
Il combinait ainsi :

  • un revenu financier (intérêt du prêt),

  • un revenu industriel (exploitation du métal),

  • et une influence politique (garantie de ses contrats).

🔹 En résumé :

 Fugger a combiné

  • le commerce international,

  • le crédit aux souverains et

  • des monopoles miniers
    pour devenir l’homme le plus riche de son temps. À sa mort en 1525, sa fortune représentait un pourcentage colossal du PIB européen.

Fugger utilisait le crédit non pour percevoir de simples intérêts, mais pour s’approprier les flux de richesse réels d’un État (mines, taxes, monopoles).
C’est une forme précoce de financement adossé à des actifs (asset-backed lending) et d’intégration verticale, très moderne pour l’époque.


The Superinvestors of Graham-and-Doddsville extraits de de Warren Buffett





Extraits clés de **« The Superinvestors of Graham-and-Doddsville »**, l’essai-mémoire de Warren Buffett (automne 1984), adapté du discours prononcé le 17 mai 1984 à Columbia Business School, à l’occasion des 50 ans de *Security Analysis* : 

  L’expérience du pile-ou-face et l’origine intellectuelle 

   Buffett commence son texte en réfutant l’idée académique selon laquelle la stratégie de Graham & Dodd serait désormais obsolète, supplantée par des marchés efficients rendant toute surperformance purement chanceuse. 
Il raconte une expérience hypothétique :
   « Imaginez que l’on fasse jouer pile-ou-face 225 millions d’Américains, et que seuls 215 aient gagné 20 fois de suite… 
Cela pourrait être attribué au hasard. Mais si ces 215 venaient du même petit village intellectuel, vous vous dirigeriez vers ce village pour comprendre ce qui les rend probables, pas chanceux. » 
  Il en conclut qu’un **nombre disproportionné d’investisseurs performants provient d’un même “village intellectuel” – Graham-and-Doddsville** : cela démontre leur approche commune, pas la simple chance. 

  Le cœur de l’approche value investing

  Buffett rappelle que tous ces investisseurs recherchent la **"marge de sécurité"** : acheter des actions à un prix largement inférieur à leur valeur intrinsèque pour minimiser les risques et maximiser les rendements.
   Il illustre ce principe par un exemple : acheter un dollar pour **0,60 \$** est plus risqué que l’acheter pour **0,40 \$**. C’est dans ce dernier cas que le risque est minimal et le potentiel de gain maximal — une **relation inverse entre risque et rendement**. 

« Le prix est ce que vous payez. La valeur est ce que vous obtenez. »

 Performances véritablement exceptionnelles 

  Buffett présente la performance de plusieurs fonds gérés par des disciples de Graham :

Investisseur / Fonds Rendements annualisés Indice de référence
Walter Schloss (1956–1984) ~21,3 % / 16,1 % S&P ~8,4 %
Tom Knapp (TBK, 1968–1983) ~20,0 % / 16,0 % DJIA ~7,0 %
Buffett Partnership (1957–1969) ~29,5 % / 23,8 % DJIA ~7,4 %
Sequoia Fund (Ruane, 1970–1984) ~18,2 % ~10,0 %
Charles Munger (1962–1975) ~19,8 % / 13,7 % DJIA ~5,0 %
Rick Guerin (Pacific Partners, 1965–1983) ~32,9 % / 23,6 % S&P ~7,8 %
Stan Perlmeter (1965–1983) ~23,0 % / 19,0 % DJIA ~7,0 %
Fonds de pension Washington Post ~21,8 % DJIA ~7,0 %
FMC Pension Fund ~17,1 % Moyenne ~12,6 %




 Indépendance des styles et cohérence de la stratégie 

 Buffett souligne que, malgré leur diversité de styles (portefeuilles concentrés ou diversifiés, grandes ou petites entreprises…), tous reposent sur la stratégie value. Ces performances exceptionnelles ne découlent pas d’une approche unique, mais d’un **autre état d’esprit partagé** : celui de l’investisseur business-thinker, pas du trader réactif. 

Les principes de Graham et Dodd

La méthode de Graham et Dodd n’est pas compliquée. La philosophie de base est que l’investissement est plus que de l’art. Il s’agit de l’application rigoureuse d’un ensemble de principes mathématiques et financiers.

Voici le cœur de cette approche :

  • Une action est une part de propriété d’une entreprise. L’investisseur doit donc penser en propriétaire d’entreprise, et non pas en spéculateur. Le marché est là pour vous servir, pas pour vous donner des leçons. Si le marché vous offre une entreprise à un prix inférieur à sa valeur intrinsèque, vous l’achetez.

  • La valeur intrinsèque. C’est la valeur réelle d’une entreprise, une mesure qui peut être estimée à travers l’analyse des flux de trésorerie (cash flows) futurs et des actifs. L’objectif est d’acheter pour un prix significativement inférieur à cette valeur.

  • La marge de sécurité (margin of safety). C’est le concept central de Graham. L’idée est que vous devez acheter une entreprise à un prix suffisamment bas par rapport à sa valeur intrinsèque pour vous protéger des erreurs de jugement et des événements défavorables.


  Conclusion – Un secret toujours valable 

 Pour conclure, Buffett reconnaît que promouvoir cette stratégie pourrait en réduire les écarts entre prix et valeur. Pourtant, cela fait 50 ans que ce “secret” existe, et malgré cela, **aucune tendance notable vers le value investing n’a émergé**. 
  Il ajoute : 
  « Il semble y avoir un pervers penchant humain pour compliquer ce qui est simple… 
Le monde académique s’éloigne de l’investissement dans la valeur, et cela continuera. Les bateaux vogueront toujours, mais la Société de la Terre Plate prospérera. 
 Ceux qui liront Graham & Dodd continueront à prospérer. » 

  En résumé 

 Warren Buffett y défend brillamment la stratégie de l'investissement dans la valeur, en montrant que plusieurs disciples de Benjamin Graham ont systématiquement surpassé le marché sur le long terme — pas par hasard, mais grâce à un cadre intellectuel et une discipline partagés. 

Confusion de Confusiones: premier livre d'analyse boursière


La Confusion des confusions ouvrage paru en 1668 de Joseph Penso de la Vega (1650-1692) est le premier livre analysant le fonctionnement des marchés financiers. 

Selon le Financial Times Confusión de Confusiones est un des dix meilleurs ouvrages d'investissement jamais publié.

Le livre décrit les pratiques financières à travers un dialogue entre trois personnages: un philosophe, un marchand et un investisseur, ce dernier exprime le point de vue de l'auteur.

C'est un témoignage sur le fonctionnement de la bourse d'Amsterdam qui alors ne comptait qu' une seule action celle de la VOC (Compagnie  néerlandaise des Indes orientales).




Y sont décrits les pratiquent financières certaines hautement sophistiquées et spéculatives, contrats à termes, options, ... Ces descriptions sont d'une actualité saisissante.

« le hareng était vendu avant même qu'il n'ait été pêché, les blés et les autres marchandises avant qu'ils n'aient poussé ou qu'elles n'aient été reçues »

Selon De La Vega, quelques principes généraux peuvent guider l’action entre l’extrême des chimères et cet autre extrême chimérique qu’est la croyance en un savoir permettant de maîtriser le marché. 

  • Premier principe
    « ne jamais donner de conseil à qui que ce soit, à la vente comme à l’achat, car dans le moment où la lucidité s’évanouit, tout conseil, même bienveillant, peut conduire au pire ». 
  • Deuxième principe
    « saisir tout gain qui se présente sans égard ou remords pour des profits échappés, car l’anguille glisse entre les doigts plus vite qu’on ne peut le penser ». 
  • Troisième principe
    « se persuader du fait que les profits boursiers sont comme les trésors des lutins - un jour escarboucle, puis charbon, puis diamant, silex, rosée du matin et larmes amères ». 
  • Quatrième principe
    « qui veut gagner à ce jeu doit avoir patience et argent. Il faut faire face aux revers tel le lion rugissant face à la tempête déchaînée, et non comme un couard cherchant à s’enfuir. Qui ne perd pas espoir et dispose des fonds suffisants pour tenir dans l’adversité gagne, à la fin »

Dans aucune autre arène, à l'exception de la guerre, les émotions humaines de peur, de cupidité, d'envie et de tromperie ne s'expriment plus pleinement que sur les marchés boursiers, à l'époque tout comme maintenant. Les acteurs ne cessent de changer, mais le drame se joue de la même manière, encore et encore. 


La plus ancienne action cotée en bourse


 La plus ancienne action cotée en bourse est celle de la VOC, Compagnie  néerlandaise des Indes orientales (Vereenigde Oostindische Compagnie en néerlandais), fondée en 1602. Ses actions ont été cotées sur la bourse d'Amsterdam à partir de 1602, ce qui en fait la plus ancienne action cotées en bourse au monde.


Les Pays-Bas, pays de naissance de la bourse

La plus ancienne action du monde connue: VOC 9 septembre 1606.

Au fil des siècles, la Compagnie des Indes néerlandaises a connu des hauts et des bas, mais elle a joué un rôle important dans le développement de la colonisation et du commerce en Asie  au cours de l'ère moderne. Elle est finalement dissoute en 1799 et nationalisée par la République Batave. Ses archives ont été conservées et sont aujourd'hui disponibles au public au Rijksmuseum d'Amsterdam.



Depuis 2003, les archives de la VOC ont été classées par l’Unesco sur la Liste Mémoire du monde recensant depuis 1997 les documents du patrimoine documentaire d’intérêt universel.


  • La VOC a été l'une des entreprises les plus puissantes qui ait jamais existé. Elle avait déjà les grandes caractéristiques de nos sociétés modernes, le modèle de la société anonyme émettant des actions et des obligations qui peuvent être achetées et vendues, ainsi que le modèle de la multinationale. Très vite les options et contrats à terme ont également été négocié.
  • La VOC jouit par une charte accordée par les Provinces-Unies du monopole du commerce avec les Indes orientales, de l'ouest du cap de bonne espérance à l'est du détroit de Magellan.
  • La VOC est issue de la fusion des 6 compagnies de marchands d'Amsterdam, de Zélande (Middelburg), de Delft, de Rotterdam, de Hoorn et d'Enkhuizen.
  • La VOC se heurte au Portugal, en Asie, implanté depuis le voyage de Vasco de Gama en 1498 et construit son empire aux dépens du Portugal. Son coeur sera implanté à Batavia, l'actuel Jakarta.
  • La VOC dispose à sa création d'un capital de 6 440 200 de florins dix fois plus que sa concurrente anglaise. Le capital est divisé en actions de trois mille florins. Elle est la première grande société anonyme et la première société ayant ses actions cotées en bourse.
  • La VOC distribue des dividendes qui atteignent dans les années 1660 25 à 30% de la valeur d'origine de l'action.
  • L'action connait une forte envolée et vaut 18 000 florins en 1670 soit une multiplication par 6. Les dividendes représentent environ 3% du prix de l'action.
  • 38% des premiers actionnaires seront des réfugiés du sud des Pays-Bas (Anvers, ...).

Un livre écrit en 1688 par José de la Vega " Confusion de Confusiones " décrit l'incroyable nombre de tactiques utilisé par les investisseurs, pourtant il n'y avait qu'une société cotée, aux périodes de croissances succédait des périodes de baisse, ils connaissaient déjà les bulles et les paniques qui s'en suivais.


On pourrait penser qu'Apple est la plus grande entreprise n’ayant jamais existé avec une valeur estimée de plus de 200 milliards de dollars; ce n'est certainement pas rien, mais la VOC surpassait largement ce géant de la technologie; avec une valeur estimée de 7,5 billions en valeur actuelle équivalant aux 20 plus grandes entreprises d'aujourd'hui.

La VOC contrôlait près de la moitié du commerce mondial au XVIIe siècle.





La Bourse, les origines

La bourse d'Anvers

Bruges



L'origine du mot Bourse vient de la ville de Bruges où les les représentants des comptoirs se rassemblaient au XIIIe siècle sur la place devant la demeure  de la famille patricienne Van der Buerse qui l'avait fait construire. A son frontispice il était orné de l'écusson à ses armes, trois bourses.
La première mention connue date de 1292  "Juxtà fontem ante bursam".


 Les principaux comptoirs appelés "nation" étais des associations de marchants de même origine. Ils se partageaient les maisons autour de la place "Ter Buerse". Les marchands y échangeaient les monnaies et fixaient les prix des marchandises.
Bruges occupait une place de choix au croisement du réseau des villes commerciales de la Hanse et des états commerciaux  italiens. Le transport maritime était plus sûr et moins cher que le transport terrestre.


  Après le déclin de Bruges, les marchands accoutumés à s'assembler à la bourse transportèrent ce nom avec leurs affaires à Anvers, ensuite il a été porté à Amsterdam, Londres, etc. 

Les marchands internationaux ont ramené le nom "Beurs" dans leur pays borsa en italie, bourse en france, Börse en allemand, birža en russe, burza en tchèque, börs en suèdois, børs en danois et en norvégien.





Anvers

 C'est en 1460 que fut bâtie à Anvers la première bourse dont l'histoire fait mention. 
Anvers deviendra le premier centre financier mondial. 
La liberté commerciale y était observée toutefois elle ne concernait que le grand commerce international; les métiers traditionnel restaient soumis aux règles corporatives.


 
Cette première bouse étant trop petite on en construira une nouvelle en 1531
La nouvelle bourse  devient la toute première bourse moderne conçue  expressément à un tel usage , elle servira de modèle pour la construction d'autres bourses, celle de Londres, d'Amsterdam, ...

Elle est dotée d'un marché permanent, ouvert chaque jour à heures fixes, et se transforme rapidement en une structure purement financière grâce à la concentration des transactions. les prix des monnaies et des instruments financiers, les premiers taux de change y furent fixés.

Il y sera publiée pour la première fois  en 1592 une cote, c'est-à-dire d'une liste imprimée des cours traités lors d'une séance de négociation sur différentes marchandises.

La bourse porte à son fronton l’inscription « Ad usummercatorum cujusque gentis ac linguae » (à l’usage des marchands de tous les pays et de toutes les langues)


Londres 


Un des plus riches marchands de Londres, Thomas Gresham, visita la bourse d'Anvers en 1537. 
Il en trouva l'architecture si remarquable, qu'il en envoya le dessin en Angleterre, et, quelques années plus tard, il fit construire par un Anversois, nommé Hendrickx ( Henrike), la première bourse de Londres sur le modèle de la bourse d'Anvers.

La première bourse Royale de Londres est inaugurée par Elizabeth I reine d'Angleterre en 1571. 


Rotterdam

La ville disposait d'une bourse dès 1598, une douzaine d'année avant celle d'Amsterdam.



Amsterdam


Anvers, Londres et Rotterdam disposaient déjà d'une bourse; en 1607, le conseil municipal d'Amsterdam prit la décision de construire la première Koopmansbeurs (bourse commerciale) qui sera inaugurée en 1611.
 Les marchands qui avaient une place permanente étaient faciles à trouver. La coutume ancienne de concentrer certains types de commerce dans les coins ('hoeken') trouve son origine ici. Jusqu'à la fin du XXe siècle, l'homme du coin (« hoekman » ou spécialiste) était une figure familière de la salle des marchés.