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jeudi 26 mars 2015

De l'homo sapiens à l'homo investicus




L’homo sapiens (l’homme moderne) est apparu il 200 000 ans et le dernier grand changement, la révolution cognitive a eu lieu il y a 70 000 ans.

Notre cerveau est celui d’un chasseur-cueilleur. L’homme ne pouvait pas survivre seul, il chassait en groupe.

Le spéculateur à court terme suit toujours la tendance et s’il s’aperçoit au moyen de son arsenal d'indicateurs techniques/graphiques qu’il y a un changement, il saute aussitôt sur la nouvelle tendance.

Il adopte donc une mentalité de troupeau et suit tous nouveaux mouvements.

Le chasseur doit-être attentif à tous changement et le reste du groupe doit suivre le mouvement instantanément et être réactif face à la charge d’un taureau ou aux coups de griffes d’un ours.

Les chasseurs ont l’habitude de chasser toujours au même endroit, ils savent quand le gibier vient s’abreuver au point d’eau. Mais si le point d’eau se tari et qu’il n’y plus de gibier ?

Le spéculateur savait que dès que le Franc Suisse s’écartait trop de l’euro la banque centrale intervenait, jusqu’au jour la BNS n’est plus intervenue et celui qui spéculait avec un levier de 50 ou 100 s’est retrouvé ruiné.

Le chasseur-cueilleur tout comme le spéculateur à court terme se caractérise par une mentalité grégaire, l’importance apportée au dernier changement, le biais de familiarité et de vivre au jour le jour.



Au long des millénaires l’homme a appris, plutôt que de simplement partir à la cueillette, il pouvait stoker les graines et au bon moment les semer pour récolter quelque mois plus tard plus de graines qu’il en a semées, il a perfectionné sa technique en utilisant de l’engrais ou en irriguant.

L’investisseur plus sophistiqué sait qu’il ressort de l'étude du passé, qu'une mauvaise récolte, sera suivie d'une bonne récolte et qu’à la pénurie succédera l’abondance.

C’est la loi bien connue du retour à la normale, ce que l’on ne sait pas c’est quand ce retour à la normale se fera.

La stratégie de l’investissement dans la valeur ce n’est finalement qu’une application de cette loi, acheter une action à la moitié de son prix, sous sa valeur intrinsèque et la revendre quand le marché valorisera l’action à sa juste valeur ou plus haut.

Mais là aussi nous avons les pièges de l’investissement dans la valeur, certaine entreprise feront faillite ou resteront éternellement dans les limbes.

Nous avons aussi les investisseurs qui achète cher pour revendre encore plus cher, ce n’est en rien contradictoire avec la loi du retour à la normale, car avant ce retour des années peuvent se passer.

Ce type d’investissement repose sur un autre biais psychologique, la difficulté de changer d’opinion, la résistance au changement. Quand depuis plusieurs mois une action monte, elle aura tendance à continuer à augmenter, c’est le momentum on achète parce que tout le monde achète, à nouveau le comportement grégaire.
 C’est le genre de mouvement qui finissent par provoquer des bulles, cfr. La folie des dot.com de l’an 2000 ou des entreprises pratiquement sans actif atteignait des sommets toujours plus hauts.

L’investisseur rationnel peut mixer la stratégie de l’investissement dans la valeur et dans le momentum, ainsi il aura acheté une action bon marché et qui a un bon momentum, c.àd. une action dont le retour à la normale est déjà entamé.


L’investisseur doit-être conscient de sa condition humaine, de son émotivité de son irrationalité.

Quelques biais psychologiques qui nous empêchent d'être de bons investisseurs.


  • Le déni : nié la réalité surtout quand ce sont des convictions que nous avons depuis longtemps. Quand les faits changent, nous devons changer notre opinion.
  • Le biais du propriétaire, nous accordons une plus grande valeur à une chose que l’on détient qu’à cette même chose si on devait l’acheter.
  • La pensée magique : nous agissons comme si notre pensée pouvait avoir une influence sur la réalité.
  • La surestimation : nous avons tendance à nous croire plus intelligent que l’on est réellement.
  • L’aversion aux pertes, nous réagissons plus fortement aux pertes qu’au gain. On investira plus facilement dans des obligations à haut risque que dans des actions peu risquées, car nous savons tous que les actions sont plus risquées que les obligations ou encore le fameux ‘pas vendu pas perdu’.
  • Le passé récent sera le futur récent : le pétrole restera bas tous comme l’inflation ou les taux d’intérêt, ce biais nous fait perte de vue, que la plupart des choses sont cyclique.


Nous devons admettre notre irrationalité, la connaitre et la mettre à notre service.

C’est l’irrational qui a permis à l’homme de s’adapter et de survivre, sans irrationnel comment imaginer de nouvelles choses, trouver de nouvelles solutions ...



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9 commentaires:

  1. Salut Patrick,

    Merci pour ta participation à cet événement inter-blog ;-)

    Super l’image et excellente analogie!!! J’ai beaucoup aimé.

    Les biais psychologiques sont concis mais puissants. Si l’homme est irrationnel j’aime à penser qu’il est possible d’approcher les marchés le plus rationnellement possible avec un système clair, précis et efficace. Moins il laissera de place aux doutes, plus montrera ses preuves et plus il sera facile de garder l’irrationnel et les émotions qui sont en nous à distance…

    Ben

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    1. Nous pouvons bien entendu avec un système éprouvé et de la discipline diminué la part de l'émotion et de l'irrationnel.
      Le marché n'est-il pas lui-même le produit de l'irrationalité de ses acteurs très humain.
      Benjamin Graham ne comparait-il pas le marché à un être maniaco-dépressif?

      Avoir une méthode même si elle ne répond pas à toutes les conditions du marché nous donne un avantage compétitif. Mais nous ne devons pas avoir une méthode trop rigide qui ne nous permet pas de nous adapter aux conditions changeantes du marché.

      La meilleure méthode c'est apprendre encore et encore, la connaissance permet de dompter nos émotions et de nous adapter aux changements du marché.

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  2. Un vrais cour sur nos cerveau reptilien a méditer

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  3. Bonjour,

    et pourtant,le mental est ce qui permet au trader d'être plus performant, au final et sur le long terme que les robots (en tous cas ceux que j'ai vus) car il permet de prendre en compte des tas de paramètres en même temps (analyse analogique contre analyse digitale 0-1).

    Le problème, c'est qu'il faut l'éduquer assez longtemps.

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    1. Bonjour Michel,

      Les robots permettent effectivement de palier à nos excès émotionnels, mais ils sont programmé par l'homme qui aura tendance à implémenté des règles qui ont donné de bons résultats dans un passé récent, car nous avons tendance à projeté le passé récent sur le futur proche, c'est un de nos biais psychologiques

      Notre monde analogique est parfois difficile à digitaliser comment évaluer correctement et pondéré automatiquement une dépêche d'agence?

      Nous avons des flashs krach, car la machine ne peut reproduire la complexité de notre irrationalité très humaine.

      Et si la machine peu vaincre nos plus grands joueurs d'échecs, elle n'a jamais été à la hauteur de nos grands investisseurs qui ont eu d'excellents résultats sur des périodes de plus de 15/20 ans.

      Les grands investisseurs ont à la fois les connaissances et une bonne maîtrise de leurs émotions, l'investisseur moyen souvent à la fois un manque de connaissance et une mauvaise maîtrise de ses émotions, il a donc tout intérêt à systématisé son processus d'investissement.

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    2. J'ai un truc pour la maîtrise des émotions : la connaissance, les outils et la pratique. Être un fonceur quand on n'est pas compétent est dangereux. Quand on sait ce que l'on fait et que l'on a de bons outils, l'émotion disparaît.

      Les robots servent plutôt pour du très très court terme. Sur le long terme, inutile d'avoir un robot, mais il faut de la patience.

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  4. C'est un article qui aurait eu sa place dans un cours sur la psychologie en trading ! Très utile pour maîtriser ses émotions sur les marchés.

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    1. Merci Mike,

      Connaître l'origine de ses émotions et les accepter c'est déjà les maîtriser.

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  5. Super intéressant, merci pour ce partage !

    Camille

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